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ZOOM sur : les zygènes

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Les zygènes (famille des Zygaenidae) sont de petits (de 13 à 20 mm de longueur sans les antennes) hétérocères, c’est à dire des “papillons de nuit”, à ceci près qu’elles sont actives en journée ! Cependant, le groupe des hétérocères est considéré comme invalide scientifiquement, et correspond surtout à une convention désuète.

Le nombre de ces insectes, y compris pour les espèces les plus communes, a diminué avec les prairies fleuries. On en trouve d’ailleurs beaucoup plus sur les alpages de montagne. Néanmoins, plusieurs espèces sont encore bien présentes sur nos territoires. Ci-dessous figurent les six zygènes les plus communs sur le village et ses alentours. L’identification peut sembler délicate, mais une fois que l’on sait où regarder, la plupart des espèces communément rencontrées ne pose pas de gros problème. Par chance, ces papillons sont peu farouches et se laissent facilement observer. Il existe une clé de détermination très utile pour les zygènes de Bourgogne Franche-Comté, construite par l’antenne franc-comtoise du Conservatoire Botanique National : cle-des-zygenes_2019_web.pdf

La zygène de la filipendule (Zygaena filipendulae) :

Zygène le plus commun, il fréquente tout type de prairie fleurie (prairie humide comme pelouse sèche). Il se reconnaît à ses six taches rouges sur chaque aile généralement séparées mais assez étendues. Les adultes affectionnent particulièrement les fleurs de knautie (photos 4, 6 et 9), la chenille se développe sur le lotier.

La zygène transalpine (Zygaena transalpina) :

Soeur jumelle de la précédente, la zygène transalpine s’en distingue par des reflets bleutés plus visibles(peu fiable), la pointe des antennes blanches, des taches rouges généralement un peu plus petites et nettement découpées, et la bordure noire des ailes postérieures est marquée d’une (ou deux) dent noire (visible sur la première photo ci-dessous). Un point commun cependant : les chenilles des deux espèces apprécient les fabacées.

Elle est également un peu plus localisée, sur les milieux chauds et secs dont les pelouses calcaires. Mais elle tolère l’enfrichement de ces pelouses, on la croise même en lisière de chemin forestier, tant qu’il y a des fleurs.

La zygène du trèfle (Zygaena trifolii) :

Encore une zygène noire à taches rouges ! Cependant rassurez-vous, celle qu’on appelle également zygène des prés ou zygène des cornettes se différencie facilement des deux précédentes, puisqu’elle n’a que cinq taches par aile au lieu de 6. Les taches 3 et 4 ont souvent une forte différence de taille.

C’est une espèce répandue, à peu près autant que la zygène de la filipendule, mais on la croise moins souvent en pelouse sèche : elle montre une légère préférence pour les prairies humides ou mésophiles. La chenille se nourrit de lotiers et de trèfles.

La zygène du lotier (Zygaena loti) :

Cette espèce est typique des milieux secs et ensoleillés, elle fréquente donc tout naturellement les pelouses calcaires. Elle semble moins encline à s’en éloigner et à visiter les milieux plus fermés (“maquis”) que la zygène transalpine. Les chenille se nourrissent souvent sur une petite fabacée jaune, l’hippocrépis à toupet, mais aussi le sainfoin, les coronilles…

Les taches sont caractéristiques, au nombre de cinq car la cinquième et la sixième sont en fait fusionnées pour former une seule tache en forme de fer de hache. Les autres taches peuvent également être très rapprochées voire confondues. Les pattes ont des parties blanches, et un petit collier de poils argentés est généralement visible juste derrière la tête. La bordure noire des ailes postérieures (non visibles sur les photos) est particulièrement fine.

La zygène de la petite coronille (Zygaena fausta) :

Ce tout petit (moins de 15mm) papillon bigarré se distingue des autres zygènes par des proportions inversées de rouge et de noir. Les motifs noirs sont entourés de jaune, de telle sorte que l’espèce est impossible à confondre. Très inféodée aux pelouses calcaires, sa répartition en Bourgogne est concentrée sur les côtes et arrière – côtes. Particulièrement tardive, elle ne se montre pas avant juillet voire août, jusqu’à fin septembre voire début octobre.

Il s’agit sans doute de la zygène la moins commune qui peut être observée chaque année sur Saint Maurice (pelouse calcaire au dessus de Champagne). Les oeufs sont pondus sur divers coronilles, qui servent de nourriture aux chenilles.

Les turquoises (Adscita sp) :

Parmi les zygènes, les turquoises sortent du lot. D’un magnifique bleu turquoise irisé (vert pour certaines), ces zygènes se rencontrent pour la plupart en prairie humide à très humide, et densément fleurie. L’identification de l’espèce exacte est une affaire de spécialiste dans bien des cas, requérant parfois l’examen des pièces génitales.

Toutefois, on peut supposer que celle observée sur la commune (aux Jaudières) est la turquoise de la sarcille, sans doute la plus répandue, ayant l’oseille commune comme plante-hôte.

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